2. Marie Le Masson Le Golft (1749-1826). Le progrès des idées là où on ne l’attend pas.

  • Olivier Perru Laboratoire S2HEP EA 4148, Université Claude Bernard Lyon 1

Abstract

Marie Le Masson Le Golft est née au Havre en 1749 et elle est l’une des rares femmes érudites de la fin du XVIIIe siècle à avoir joui à l’époque d’une toute relative reconnaissance et à avoir eu un rôle également relatif dans des domaines assez divers: sciences naturelles, histoire, littérature. Fait inédit pour une femme, elle est membre et correspondante de plusieurs académies dont celles de Rouen, d’Arras et de Lyon. Dans cet article, nous essayons de décrypter cette personnalité paradoxale, ses apports et les questions qu’elle laisse en suspens. Femme scientifique et littéraire à la fois, elle fait figure de touche à tout. Elle semble demeurer à la préscience au sens de Bachelard et mêler à la science une esthétique préromantique dans sa Balance de la Nature (1784). Catholique pratiquante, elle persiste à présenter l’œuvre de l’abbé Dicquemare quasiment dans le contexte d’une théologie naturelle; mais elle est une exception dans une Eglise catholique dominée par les hommes et qui ne reconnaît pas la légitimité d’une vie intellectuelle et scientifique à une femme. Très attachée intentionnellement aux Lumières, elle continue à s’en réclamer après la Révolution. En réalité, sa philosophie est davantage celle de Malebranche que celle de Rousseau. Ce personnage paradoxal est une figure attachante dont il reste encore des aspects à découvrir.

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Published
2016-08-28
Section
Articles